Les Magnifiques Mensonges de Madeleine Béjart

Richard Goodkin Richard GOODKIN est un universitaire américain. Il enseigne et vit à Madison dans le Wisconsin. Il est spécialiste de la littérature française des XVII et XVIIIe siècles.

... Malgré les apparences Madeleine Béjart n’est point une âme impie, mais personne ne la qualifierait de catholique conventionnelle. Actrice célèbre, elle a exercé son métier – jusqu’à ce que la maladie ne l’en ait empêchée – en dépit de la condamnation du théâtre par l’Eglise, des anathèmes prodigués à l’encontre des comédiens, et du risque d’excommunication et de refus des derniers sacrements. Mais ce matin même, le 8 janvier 1672, jour de son cinquante-quatrième anniversaire, elle a été réveillée juste avant l’aube par une douleur aiguë dans la poitrine. Elle s’est dressée sur son séant sans que cette position, qui d’habitude calme la douleur, ne pût la soulager. Dans son cercle de connaissances, nombreux sont ceux qui ont été décimés par la phtisie, les rythmes insidieux du mal n’étant que trop familiers : les premières gouttelettes de sang ; la progression, d’abord lente puis accélérée, de la maladie ; les faux sursis ; le déclin final. La conclusion inévitable de ce processus, semblait-il, ne se ferait pas attendre. Elle n’aurait jamais cinquante-cinq ans.

Molière eût-il été le grand dramaturge que nous connaissons s’il n’avait rencontré Madeleine Béjart ?
Madeleine est née le 8 janvier 1618 dans le quartier du Marais à Paris, qui était à l’époque un immense cloaque. Sa famille était assez démunie et les enfants à nourrir nombreux. Madeleine a dû travailler jeune et, comme il était de coutume à l’époque, a trouvé un « protecteur », sauvant ainsi sa famille de la misère.
Sa carrière théâtrale débuta vraisemblablement au Théâtre du Marais, où elle joua sans doute les premiers rôles. Nul ne sait exactement comment elle rencontra Jean-Baptiste Poquelin. Elle fonda avec lui l’Illustre Théâtre qui termina criblé de dettes.
Très belle femme, excellente actrice, généreuse, courageuse, femme de tête et gestionnaire, elle fut reconnue de son vivant.
Elle mourut à Paris le 17 février 1672. Molière mourut un an jour pour jour après Madeleine.

Dans son livre, Richard Goodkin nous conte l’histoire de Madeleine : sa jeunesse pauvre dans sa famille, ses débuts au théâtre, ses liaisons amoureuses, sa rencontre avec Molière et l’aventure que représenta le fait de faire vivre son théâtre.
Le parti de Goodkin est de faire d’Armande sa fille car Marie Hervé, mère de Madeleine, aurait eu 50 ans au moment de la naissance d’Armande, ce qui, pour l’époque était très âgé.
Ce livre, fort documenté, s’appuie sur des faits avérés mais prend la forme d’une fiction historique et lorsque certains faits étaient inconnus, Goodkin les a simplement inventés de façon à donner du sens au récit.
Le livre a été écrit par son auteur en français, langue de ses amours littéraires. Il ne s’agit pas d’une traduction.
Il n’existe pas de version anglaise de ce livre. Peut-être viendra-t-elle ?