Petit Matin

Heure d'attente encore attendre me trouveront qui ma mère qui mon père qui inquiet qui étonné mutisme qui de l'absence qui du silence à moins avant à moins avant avant l'impossible avant se taire avant dire avant tout dire avant consoler avant expliquer avant pleurer

Dans ce nouveau recueil Petit matin l’écriture de Françoise Coulmin traverse le lecteur comme un brise-larmes qui vient jeter son ancre dans le secret même de la poésie, jusqu’au bout de l’absence.
Une évasion à la naissance de l’aube lorsque la nuit obscure noue les voiles pour se faire la belle.
Les mots de la poétesse déchirent le brouillard de l’aube à l’heure où les premiers poissons se jettent dans la gueule du poulpe, les sirènes redeviennent crabes et les âmes de la mer crachent leur bave.
Petit matin c’est l’ultime cavale d’un ange des espoirs devenu tige d’immortelle.
Sur le pont de chaque page la musique est silencieuse, la solitude sonore.
La mystique se met à souffler tandis qu’il se balance dans les embruns du grand boulevard, il prend le large.
Le bal démasqué.
Le lecteur sort de cette lecture purifié par la beauté du verbe.
Françoise Coulmin nous livre un secret qui sans elle serait resté comme un cri muet perdu dans la houle.
Sa langue est celle de la délivrance et d’un regard pour les vrais désespérés qui, restés à quai, sont murés de silence.

Charles Gonzalès